Acheter avant de vendre : les solutions

Le prêt relais n'est pas la seule réponse, et il en existe plusieurs variantes qui ne coûtent pas la même chose. Deux autres pistes, l'une bancaire et l'autre non, méritent d'être examinées avant de s'engager.

Les solutions de financement pour acheter un bien avant d'avoir vendu le sien

Les variantes du prêt relais*

Sur un bien estimé 250 000 €, avec 30 000 € restant dus et une quotité de 70 %.

ÉlémentMontant ou naturePrécision
L'avance consentie175 000 €La banque ne prête jamais la valeur totale : elle retient une part, généralement de 50 à 80 % selon l'établissement et le bien
Le net réellement disponible145 000 €Une fois le crédit en cours remboursé. C'est cette somme, et non l'avance, qui finance le nouvel achat
Le relais secSans nouveau prêtLorsque l'avance suffit à financer l'acquisition. Plus simple, mais les banques y sont parfois réticentes
Le relais adosséLe cas le plus fréquentL'avance se complète d'un prêt amortissable classique pour couvrir la différence de prix
La franchise partielle583 €/moisLes intérêts se règlent chaque mois, le capital au dénouement. Environ 7 000 € sur douze mois
La franchise totaleRien à payerMais les intérêts se cumulent : sur vingt-quatre mois, environ 189 550 € sont dus au lieu de 175 000 €

La franchise totale soulage la trésorerie sans réduire le coût : elle le reporte. Elle se choisit lorsque la double charge serait intenable, non pour économiser. Le taux et la quotité retenus ci-dessus sont des hypothèses de calcul, pas des conditions de marché.

Le risque à mesurer avant tout

Le montage repose sur une estimation Celle du bien à vendre. Si elle est optimiste, tout l'édifice l'est aussi, et l'écart se paie au dénouement.
L'effet d'une vente moins chère Sur notre exemple, une vente à 250 000 € laisse 75 000 € après remboursement. À 15 % de moins, il ne reste plus que 37 500 €, soit la moitié.
La quotité est une protection La banque ne prête que 70 % précisément pour absorber cet écart. Une quotité élevée obtenue de haute lutte réduit cette marge de sécurité.
Si la vente n'aboutit pas L'avance reste due à l'échéance. Une prorogation se négocie parfois, mais la baisse du prix devient alors difficile à éviter.

Le prêt achat-revente, un produit distinct*

Souvent confondu avec le relais, il fonctionne à l'inverse.

AspectCe qu'il recouvre
Le principeUn crédit amortissable unique qui rachète l'ancien prêt et finance le nouveau bien, au lieu de s'ajouter aux crédits existants
La différence de natureLe relais est un prêt de court terme qui se superpose ; celui-ci est un prêt de long terme qui remplace tout
Son intérêt principalUne mensualité unique et lissée, calculée pour rester dans les limites d'endettement admises. Aucune double charge pendant la recherche d'acquéreur
Au moment de la venteLa part correspondant à l'avance se rembourse par anticipation sans indemnité, et la mensualité est recalculée à la baisse
Sa limiteTous les établissements ne le proposent pas, et l'ancien crédit est soldé, ce qui fait perdre un taux éventuellement avantageux
Pour quiLes situations où la double charge poserait un problème réel, plutôt que celles où elle serait simplement inconfortable

Les leviers sans crédit supplémentaire*

Ils réduisent le montant à emprunter, donc le risque de l'opération.

GesteCe qu'il apporte
L'épargne salarialeL'acquisition d'une résidence principale ouvre un cas de déblocage anticipé, souvent ignoré des intéressés eux-mêmes
Ses règlesUn versement unique, et non des retraits successifs. Le montant ne peut pas excéder l'apport personnel prévu au plan de financement
Son délaiLa demande s'adresse au teneur de compte dans un délai limité après la signature, et peut être formée dès le compromis. Ce délai se vérifie précisément
L'avance sur un contrat d'assurance-vieElle permet de disposer de fonds sans clôturer le contrat ni déclencher l'imposition liée à un rachat. Ses conditions dépendent du contrat
Le prêt familialIl se formalise par écrit et se déclare au-delà d'un certain montant. Le notaire indique la forme à retenir selon la somme et la situation
Leur effet combinéChaque euro apporté réduit l'avance nécessaire, donc les intérêts et la pression sur le prix de vente

La surface habitable exclut les combles non aménagés, le garage, la cave et la véranda non chauffée. Les annoncer comme habitables fausse l'estimation et se retourne contre le vendeur lors de la visite.

Les solutions qui ne passent pas par la banque

La condition suspensive de vente Votre achat n'est conclu que si votre bien se vend. Elle supprime tout risque, mais affaiblit votre offre face à un candidat sans condition.
Le délai long entre compromis et acte Six à huit mois négociés dès l'offre laissent le temps de vendre, sans avance ni intérêts. C'est la piste la moins coûteuse et la plus sous-utilisée.
Où elle fonctionne le mieux Sur un marché sans tension, face à un vendeur qui n'est pas pressé. Elle se demande dès l'offre, jamais après.
Ce qui la rend acceptable Une offre ferme, un financement déjà validé, et un dossier complet. Le vendeur accorde du temps à un candidat qui ne lui en fera pas perdre.

Six précautions, et un avertissement*

Le montage se prépare avant de faire une offre, pas après.

RéflexeCe qu'il apporte
Faire estimer par un tiersEt retenir l'hypothèse basse. C'est sur cette valeur prudente que le montage doit tenir, pas sur celle que l'on espère
Mettre en vente immédiatementSans attendre le dénouement de l'achat. Chaque semaine gagnée réduit la durée de l'avance et la pression finale
Positionner le prix au marché dès le départUn prix optimiste suivi de baisses successives est la configuration qui fait échouer ces opérations
Négocier la durée et la prorogationLes conditions de renouvellement se discutent à la souscription, pas au moment où elles deviennent nécessaires
Comparer les établissementsQuotité retenue, taux, frais et souplesse varient sensiblement, et tous ne proposent pas les mêmes formules
Prévoir le scénario défavorableQue se passe-t-il si le bien n'est pas vendu à l'échéance. La réponse se connaît avant de signer, pas après

Un avertissement s'impose. Des montages consistant à vendre son bien avec une faculté de rachat, ou à en transférer temporairement la propriété, sont parfois présentés comme des solutions de trésorerie. Ils sont coûteux, complexes, et une opération qui n'aboutit pas se solde par la perte définitive du bien. Ils ne relèvent pas des solutions décrites ici et appellent, le cas échéant, le conseil d'un notaire et d'un avocat avant tout engagement.

Trois questions au banquier

Sur quelle valeur retenez-vous l'avance ? Et selon quelle méthode. La réponse détermine le montant disponible, et parfois l'ensemble de la faisabilité.
Que se passe-t-il à l'échéance sans vente ? Prorogation possible, à quelles conditions et à quel coût. C'est la question la moins posée et la plus utile.
Proposez-vous une alternative au relais ? Certains établissements disposent d'une formule à mensualité unique. Elle ne se présente pas spontanément, et elle change le confort de l'opération.

Un dernier point : la deuxième question se pose au moment où tout va bien, et c'est précisément pour cela qu'on l'oublie. Connaître la sortie de secours avant d'en avoir besoin change entièrement la sérénité de l'opération.

Les questions fréquentes

Combien la banque avance-t-elle ? Une part de la valeur du bien à vendre, généralement de 50 à 80 % selon l'établissement. Le capital restant dû est ensuite déduit : c'est le solde qui finance l'achat.
Quelle différence entre franchise partielle et totale ? En franchise partielle, les intérêts se règlent chaque mois. En franchise totale, rien n'est payé pendant la période mais les intérêts se cumulent et s'ajoutent au capital dû.
Qu'est-ce que le prêt achat-revente ? Un crédit amortissable unique qui rachète l'ancien prêt et finance le nouveau bien, avec une mensualité unique et lissée, au lieu de s'ajouter aux crédits existants.
Existe-t-il des solutions sans crédit supplémentaire ? Oui : le déblocage anticipé de l'épargne salariale pour l'acquisition d'une résidence principale, l'avance sur un contrat d'assurance-vie, ou un délai long négocié entre le compromis et l'acte.
Quel est le principal risque ? Une estimation optimiste du bien à vendre. Sur notre exemple, une vente inférieure de 15 % à la valeur retenue divise par deux la somme restant disponible.

Pour aller plus loin

Le rachat de soulte, étape par étape Faire une offre : le montant, la forme, la durée Les conditions suspensives à ne pas oublier Les frais de notaire, poste par poste Le prix net vendeur : ce qui reste vraiment Le compromis de vente, étape par étape Vendre avant d'acheter, ou l'inverse Le prêt relais expliqué simplement Viabiliser un terrain : le coût réel Comment la banque calcule votre capacité d'emprunt Le taux d'endettement de 35 % expliqué À quoi sert vraiment l'apport Acheter sans apport : possible ou pas Le prêt relais : montant, durée, risques Le prêt à taux zéro : conditions actuelles Refus de prêt : que faire ensuite Le coût total d'un crédit sur 20 ans Frais de notaire dans l'ancien : le détail du calcul Investir à Limoges : où se trouve la demande L'immeuble de rapport : avantages et pièges Un immeuble de rapport : comment il s'estime Revisiter avant de faire une offre Les conditions suspensives, côté vendeur Le jour de l'acte : ce qui se passe vraiment Estimer sa maison à Limoges sans se tromper Estimer sa maison à Panazol sans se tromper Estimer sa maison à Isle sans se tromper Estimer sa maison à Feytiat sans se tromper Estimer sa maison à Couzeix sans se tromper Estimer sa maison à Condat-sur-Vienne sans se tromper Estimer sa maison à Le Palais-sur-Vienne sans se tromper Estimer sa maison à Aixe-sur-Vienne sans se tromper Estimer sa maison à Boisseuil sans se tromper Estimer sa maison à Rilhac-Rancon sans se tromper Estimer sa maison à Landouge sans se tromper Estimer sa maison à Verneuil-sur-Vienne sans se tromper Estimer sa maison à Ambazac sans se tromper Estimer sa maison à Royères sans se tromper Estimer sa maison à Saint-Léonard-de-Noblat sans se tromper Estimer sa maison à Saint-Just-le-Martel sans se tromper Estimer sa maison à Pierre-Buffière sans se tromper Estimer sa maison à Châteauneuf-la-Forêt sans se tromper Estimer sa maison à Eymoutiers sans se tromper Estimer sa maison à Nexon sans se tromper Estimer sa maison à Châlus sans se tromper Estimer sa maison à Saint-Yrieix-la-Perche sans se tromper Estimer sa maison à Rochechouart sans se tromper Estimer sa maison à Saint-Junien sans se tromper Estimer sa maison à Oradour-sur-Glane sans se tromper Estimer sa maison à Bellac sans se tromper Estimer sa maison à Bessines-sur-Gartempe sans se tromper Estimer sa maison à Bersac-sur-Rivalier sans se tromper Estimer sa maison à Magnac-Laval sans se tromper Renégocier ou racheter son prêt Emprunter après 50 ans Emprunter en CDD ou en indépendant Frais de notaire dans le neuf Investir via une SCI : intérêt et limites Parler de mon projet →

Un montage à sécuriser ?

Mise en vente engagée sans attendre le dénouement de l'achat, pour réduire la durée de l'avance.

* Informations données à titre indicatif

Les montants de cette page reposent sur des hypothèses de calcul destinées à illustrer un mécanisme : valeur du bien, capital restant dû, quotité et taux d'intérêt. Ils sont arrondis, sans valeur contractuelle, et n'intègrent ni l'assurance, ni les frais de dossier ou de garantie. Les taux et quotités retenus sont des hypothèses et non des conditions de marché constatées : ils varient selon les établissements, les dossiers et les périodes. Les conditions de déblocage de l'épargne salariale, les avances sur contrat d'assurance-vie et la forme des prêts familiaux obéissent à des règles précises comportant des conditions et des délais, à vérifier auprès des organismes concernés et du notaire. Cette page ne constitue pas un conseil en financement. Un crédit engage l'emprunteur et doit être remboursé : vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

Sources : base des demandes de valeurs foncières ; observatoires immobiliers et analyses de marché 2021 à 2026 ; observations de terrain sur le marché local.