Le taux d'endettement de 35 % expliqué

La règle est moins rigide qu'il n'y paraît : les banques peuvent y déroger sur une part de leur production, et elles n'utilisent pas toute cette marge. Encore faut-il savoir sur quels leviers agir.

Comprendre la règle des 35 % de taux d'endettement pour un crédit immobilier

Ce que la règle impose exactement*

Une obligation juridique pour les établissements depuis 2022, pas une simple recommandation.

ÉlémentRèglePrécision
Le plafond35 % des revenus netsIl s'agit du rapport entre les charges d'emprunt et les revenus, et il s'entend assurance emprunteur comprise
La durée maximale25 ansAvec une tolérance de deux années supplémentaires lorsque l'entrée dans le bien est décalée par rapport à l'octroi du crédit
Le champ d'applicationTous les crédits immobiliersRésidence principale comme investissement locatif : la règle ne distingue pas selon la destination du bien
La marge de dérogation20 % de la productionChaque établissement peut s'écarter des seuils sur un cinquième des crédits qu'il accorde chaque trimestre
Son affectationPrioritaireAu moins soixante-dix pour cent de cette marge doit aller à des résidences principales, dont au moins trente pour cent à des primo-accédants
Son utilisation réelleInférieure au plafondLes établissements n'épuisent pas cette marge : elle reste disponible pour les dossiers solides qui dépassent légèrement

Les deux dernières lignes changent la lecture. Un dossier à trente-six ou trente-sept pour cent n'est pas automatiquement refusé : il relève de la marge de dérogation, dont l'accès dépend de la solidité de l'ensemble et de la politique de l'établissement au moment de la demande.

Le calcul, sur un exemple

Le point de départ 3 200 € de revenus nets mensuels. Le plafond de charges s'établit à 1 120 €, assurance comprise et tous crédits confondus.
Avec un crédit à la consommation 250 € par mois pour un véhicule laissent 870 € pour le logement. Assurance déduite, la mensualité de prêt tombe à environ 813 €, soit près de 143 000 € de capital sur vingt ans.
Sans ce crédit La mensualité disponible atteint 1 063 €, soit environ 187 000 € de capital sur la même durée.
L'écart Près de 44 000 € de capacité d'achat en moins, pour 250 € de mensualité. C'est le levier le plus puissant, et le plus rarement actionné à temps.

Ce qui entre dans le calcul*

Les pratiques varient d'un établissement à l'autre sur plusieurs postes.

PosteTraitement habituel
Les revenus retenusSalaires nets, pensions, revenus non salariés sur plusieurs exercices. La stabilité compte autant que le montant
Les primes et heures supplémentairesRetenues si elles présentent un caractère régulier et vérifiable sur plusieurs années, écartées sinon
Les revenus locatifsRarement comptés en totalité : un abattement est appliqué pour tenir compte de la vacance et des charges
Les prestations familialesLeur prise en compte varie selon les établissements et selon l'âge des enfants, puisqu'elles sont appelées à cesser
Les charges comptéesTous les crédits en cours, y compris les réserves d'argent utilisées, ainsi que les pensions versées
Ce qui n'entre pas dans le ratioLes charges courantes du foyer, qui relèvent d'un second examen : celui du reste à vivre

Le reste à vivre, l'autre critère*

Il n'est pas encadré par un texte, et il décide pourtant souvent.

GesteCe qu'il apporte
Sa définitionCe qui demeure une fois les charges d'emprunt réglées, rapporté au nombre de personnes du foyer
Pourquoi il compte autantTrente-cinq pour cent de 6 000 € et de 1 800 € ne laissent pas la même vie : le ratio seul ne dit rien du niveau de vie restant
Son effet sur les revenus élevésUn reste à vivre confortable permet parfois d'obtenir une dérogation, le risque réel étant faible malgré un ratio dépassé
Son effet sur les revenus modestesUn dossier à trente-trois pour cent peut être refusé si le reste à vivre paraît insuffisant, notamment avec des enfants
Les barèmes appliquésChaque établissement retient les siens, généralement exprimés par adulte et par enfant. Ils ne sont pas publics
Ce qu'il faut en retenirDeux banques peuvent rendre des réponses opposées sur un même dossier. Consulter plusieurs établissements n'est pas une formalité

La surface habitable exclut les combles non aménagés, le garage, la cave et la véranda non chauffée. Les annoncer comme habitables fausse l'estimation et se retourne contre le vendeur lors de la visite.

Les leviers pour rester sous le seuil

Solder les crédits en cours Le levier le plus efficace, et de loin. Il se prépare plusieurs mois à l'avance, pas au moment du dépôt du dossier.
Choisir son assurance emprunteur Elle entre dans le ratio. Sur notre exemple, passer d'un taux de 0,34 % à 0,10 % libère environ 7 000 € de capacité d'emprunt.
Allonger la durée Elle réduit la mensualité et augmente le coût total. C'est un arbitrage, pas une optimisation, et il se pose en connaissance de cause.
Renforcer l'apport Il réduit le capital emprunté, donc la mensualité, et il pèse aussi sur l'appréciation d'ensemble du dossier.

Six éléments qui pèsent au-delà du ratio*

Ils déterminent l'accès à la marge de dérogation.

RéflexeCe qu'il apporte
La tenue des comptesLes derniers relevés sont examinés. Découverts, incidents et jeux d'argent pèsent lourd, indépendamment du ratio
L'épargne constituéeUne épargne régulière démontre une capacité à mettre de côté, ce qui rassure davantage qu'un apport reçu ponctuellement
La stabilité professionnelleAncienneté, type de contrat, secteur d'activité. Deux dossiers identiques sur le papier ne se valent pas
Le saut de chargeL'écart entre le loyer actuel et la future mensualité. Un écart limité rassure, un écart important interroge
Le profil primo-accédantLa marge de dérogation lui est prioritairement réservée : c'est un avantage réel, souvent ignoré des intéressés
Le moment de la demandeLa marge s'apprécie par trimestre. Un dossier limite présenté en début de trimestre rencontre parfois plus de souplesse

La cinquième ligne mérite d'être connue des candidats concernés. Un primo-accédant qui finance sa résidence principale et dépasse légèrement le seuil se trouve exactement dans la cible que la réglementation a désignée comme prioritaire pour les dérogations.

Trois idées reçues

« Au-dessus de 35 %, c'est refusé » Inexact. Une marge de dérogation existe, elle n'est pas entièrement utilisée, et elle vise en priorité les résidences principales et les primo-accédants.
« L'assurance ne compte pas » Elle est expressément incluse dans le ratio. C'est aussi le poste sur lequel un emprunteur garde le plus de liberté de choix.
« Les loyers perçus s'ajoutent aux revenus » Pas intégralement. Un abattement est appliqué, et la méthode retenue varie d'un établissement à l'autre, parfois de façon déterminante pour un investisseur.

Un dernier point : ces trois idées reçues conduisent des candidats à renoncer sans avoir déposé de dossier. Un refus se constate, il ne se suppose pas.

Les questions fréquentes

Comment se calcule le taux d'endettement ? En rapportant les charges d'emprunt, assurance comprise, aux revenus nets. Tous les crédits en cours entrent dans le calcul, y compris les réserves d'argent utilisées.
Un dossier à plus de 35 % est-il refusé ? Pas automatiquement. Les établissements peuvent déroger sur un cinquième de leur production trimestrielle, marge qu'ils n'utilisent pas entièrement, et qui vise en priorité les résidences principales et les primo-accédants.
Quel est le levier le plus efficace ? Solder les crédits en cours. Sur notre exemple, un crédit de 250 € par mois représente près de 44 000 € de capacité d'achat en moins.
L'assurance emprunteur entre-t-elle dans le calcul ? Oui, expressément. Passer d'un taux de 0,34 % à 0,10 % libère environ 7 000 € de capacité d'emprunt sur notre exemple.
Qu'est-ce que le reste à vivre ? Ce qui demeure une fois les charges d'emprunt réglées, rapporté au nombre de personnes du foyer. Il n'est pas encadré par un texte, et il explique que deux banques rendent parfois des réponses opposées.

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* Informations données à titre indicatif

Cette page décrit le cadre applicable à la date de sa rédaction, en 2026, à titre d'information et sans valeur contractuelle. Elle ne constitue pas un conseil en financement. Les montants cités résultent d'un calcul établi sur une situation prise pour exemple, avec des hypothèses de revenus, de taux d'intérêt et de taux d'assurance : ils illustrent un mécanisme et ne valent pour aucune situation réelle. Les modalités de prise en compte des revenus, les barèmes de reste à vivre et les politiques d'octroi relèvent de chaque établissement et ne sont pas publics. L'existence d'une marge de dérogation ne confère aucun droit à en bénéficier. Les normes applicables peuvent évoluer. Un crédit engage l'emprunteur et doit être remboursé : vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

Sources : base des demandes de valeurs foncières ; observatoires immobiliers et analyses de marché 2021 à 2026 ; observations de terrain sur le marché local.